Tr : Procrastination par Mustapha LABRAIMI

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Quelle conditionnalité pour une avancée démocratique ?

La question est posée eu égard aux renvois que subit la négociation pour la formation d’un nouveau gouvernement après les élections du 7 octobre 2016. Les résultats de ce scrutin donnent officiellement le PJD en tête. Sa Majesté charge M. Abelillah Benkirane de former le gouvernement, conformément aux dispositions constitutionnelles.

Déjà et même en anticipation, certains avis se prononcèrent sur l’incapacité du Chef de gouvernement désigné de former un gouvernement pour se retrouver dans un scénario qui occulterait complètement le choix populaire. Des érudits « non intéressés » se sont même donné la peine pour faire dire à la constitution ce qu’elle ne contenait pas et un parti politique, « sorti par la porte » du 7 octobre et qui « voulait revenir par la fenêtre », s’agitait pour constituer un front de refus à la constitution d’un gouvernement par M. Benkirane. N’ayant pas eu satisfaction dans cette besogne, il préconisa d’une part, par la plume de son leader, une demande de réconciliation nationale et d’autre part, « un encadrement constitutionnel de certains aspects de la pratique politique pour éviter des cas de vacance normalisée ». Beaucoup de choses à la fois pour un échec non programmé, cela oblige à une semaine ailleurs pour se refaire les idées !

Il faudrait rappeler que la tenue de la COP 22 à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016 donnait au temps, pour former la majorité gouvernementale, une relative élasticité qui ne se retrouvait pas dans les positions de certains négociateurs qui voulaient une configuration de la majorité gouvernementale autre que celle du Chef de gouvernement pressenti.

Entre temps, le congrès extraordinaire du RNI s’est réuni pour mettre M. Akhannouch à sa présidence, lui confèrant ainsi la responsabilité de mener les discussions avec M. Benkirane ; alors que M. Laenser est en charge de le faire au nom du MP. Auparavant, l’Istiqlal et le Parti du Progrès et du Socialisme se sont engagés statutairement à former une majorité avec le PJD. L’USFP est reçue par le chef de gouvernement désigné qui chercherait alors à réunir les partis de la Koutla démocratique dans sa majorité. L’UC s’est mise en stand by sous l’aile du parti de la colombe.

Alors que le temps est aussi pour la gestion des affaires publiques sans atermoiements, il est apparu des dissonances dans l’arithmétique nécessaire à constituer une majorité. Entre se mettre à la disposition du Chef du gouvernement désigné et vouloir « se mettre à sa place » pour constituer l’exécutif ne constituait pas un chuchotement dans l’oreille de qui de droit mais un véritable bruitage qui nuisait au bon entendement et à la convenance entre partenaires.

La mise au point vient du discours royal de Dakar prononcé à l’occasion du 41ème anniversaire de la Marche verte : « Le gouvernement est une structuration efficace et harmonieuse qui s’adapte au programme et aux priorités. C’est un ensemble de compétences qualifiées, avec des attributions départementales bien définies. ».

C’est un fait que la majorité constituée devra mettre en exergue car tout gouvernement ne peut être constitué que sur la base d’un programme clairement défini et sur une convergence et une homogénéité des visions et des objectifs entre ses différentes composantes.

Un gouvernement soutenu par une majorité responsable de son choix et convaincue de son engagement, avec l’appui d’une administration efficace qui, institutionnelle et différenciée, adhère à la réforme engagée. Une opposition qui assume son rôle constitutionnel et une opinion publique attentive aux efforts de chacun pour améliorer la vie sociale et politique. La démocratie ne se renouvelle pas toute seule, elle se fait à chaque instant par le renforcement de l’engagement social et la prise de conscience des valeurs démocratiques sans procrastination ni forfaiture de nulle part.

Le Royaume du Maroc, au cœur de plusieurs confluences géoculturelles et de plusieurs dynamiques géopolitiques, rayonnera par le développement de la démocratie  qui permettra à son peuple d’accéder à la justice sociale et au bien être.

P.S. Les Etats Unis d’Amérique ont élu un 45ème président en la personne de M. Donald Trump « héritier milliardaire et capitaliste pur et dur … pour se protéger de la mondialisation ultralibérale !? »

 

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