Pour sa 15éme édition, le festival international de danse contemporaine « On marche » ouvre grand ses bras et accueille avec beaucoup d’émotion la Biennale de la Danse en Afrique qui, dans un premier temps étaient prévus à Marrakech du 20 au 28 mars2020, et à cause de la crise sanitaire du Coronavirus Covid-19, l’évènement est finalement reporté en septembre 2021. « Une journée à la Biennale est pensée comme le parcours d’une vie de danseur, elle en suit toutes les étapes. Initiation et formation le matin, premiers pas sur scène l’après-midi avec Génération 2020 et en soirée, découverte des créations de chorégraphes confirmés », comme nous l’explique Taoufiq Izeddiou.
De notre rencontre avec Taoufiq Izeddiou, danseur, chorégraphe, pédagogue et directeur artistique du festival de danse contemporaine « On Marche » ainsi que président du comité artistique de la Biennale de la Danse en Afrique et pour la première fois la sélection de ses membres est totalement panafricaine, l’idée nous vint de donner à cet article une dimension plus large, plus pertinente, et ne pas le limiter aux axes organisationnels de l’évènement.
Aller plus loin dans les revendications des artistes locaux, les danseurs et les chorégraphes, qui malgré tous leurs efforts, se voient toujours en une position secondaire par rapport à leurs confrères artistes des autres disciplines. Un grand cri de détresse, un SOS Danse qui devraient atteindre les plafonds du Ministère de la culture et interpelle tous les protagonistes, qui au moment où une manifestation d’une telle envergure prend place, ils réclament tous leur part du gâteau. Malgré tous les communiqués et tous les efforts fournis dans ce sens, et il faut noter qu’une approche faite par l’union des danseurs contemporains a vu le jour à « On Marche » en 2005 pour sa toute première édition, les avancées restent timides sauf les individualités qui font l’exception
L’Aurore est là, plusieurs danseurs locaux ont pu se faire carrière et représentent admirablement leur art sur les différentes scènes et plateformes nationales et à l’étranger, mais ceci n’est que le fruit d’un combat loin d’être équitable surtout pour ceux qui veulent et qui réclament une reconnaissance administrative et qui refusent de jouer l’ombre d’une autre discipline telle que la musique…Sachant que cette reconnaissance sera comme un vent d’indépendance structurelle de ce secteur.
La formation est le pilier du savoir qui sans des espaces alloués à l’activité avec toute l’organisation qui va avec, on ne saura se réveiller, car nous manquons de dramaturges de danse, de scénographes, de régisseurs, de chorégraphes et bien évidement de danseurs, un monde consacré à lui tout seul à la danse, cette dernière qui a plus d’une facette et de débouchés, le contemporain, le Moderne-Jazz, le hip-hop, le traditionnel… Des questionnements qui restent souvent dans l’incertain jusqu’à ce qu’ils soient heurté par la réalité inchangée depuis très longtemps.
Aujourd’hui, la culture est reconnue dans les relations diplomatiques du nom de « la force douce » elle a la capacité à établir des relations et d’amadouer les tensions avec les pays tiers, fondée sur les échanges entre les personnes, la compréhension mutuelle, la confiance et la crédibilité, et « On Marche », comme festival, répond à tous les critères de la diplomatie culturelle. Plus d’intérêt à leur consacrés, plus d’écoute et un peu plus de répondants, est une volonté, non seulement celle des acteurs du secteur de la danse, mais celle de l’autorité suprême du pays comme le souligne le message du Souverain à la 1ère conférence des ambassadeurs de SM le Roi, organisée par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération du 30 août au 1er septembre 2013 à Rabat :
« … Quant à la diplomatie culturelle, il importe de lui accorder l’appui et l’encouragement qu’elle mérite, notamment la mise en place de maisons du Maroc, de centres et de services culturels à l’étranger. Il importe également d’intensifier les activités artistiques, d’organiser des foires et des expositions, de faire connaître le patrimoine civilisationnel et culturel du Maroc, pour en accroitre le rayonnement à l’étranger et de mettre en relief son identité unifiée, authentique, riche et plurielle. Conscient des moyens limités disponibles, et afin de concrétiser les résultats escomptés en la matière, Nous préconisons le déploiement des différents types de coopération et de partenariat avec tous les acteurs concernés… »
Tant de victoires se sont inscrites au palmarès de la dance nationale, et qui restent insignifiantes aux yeux des médiats, des instances concernées et du publique qui paye le prix de cette reconnaissance quasi-inexistante, creusant le faussé entre un art de scène, aussi complexe que complet, et son publique .
De ce fait, une question pertinente s’impose, « la danse fait-elle partie de cette toile aussi joliment brossée et qui met en avant toutes nos richesses culturelles ? Ou restera-t-elle un accessoire de pub, ou bien intercalaire sur les planches pour mieux reposer les comédiens d’une pièce… ? »
Par El MehdiJemhati